Edward Hopper - Réactions
Mardi 21 Juillet 2009 à 22 h 38, posté par Bibi

Edward Hopper… né un 22 juillet (1882-1967)


House by the Railroad, 1925, « Le Manoir de l‘Ad Vitam », renommé pour l’occasion


Maybe I am not very human - what I wanted to do was to paint sunlight on the side of a house. - Edward Hopper

(Peut-être que je ne suis pas humain - ce que je voulais était peindre la lumière du soleil sur le côté d’une maison.)

Quand Edward Hopper a-t-il bien pu dire ces mots ? Car les œuvres représentant de mystérieuses demeures éclairées par le soleil sont nombreuses, et rares doivent être les personnes à douter de l’humanité du peintre en les admirant.

Hopper est probablement l’un des rares peintres du XXème siècle à avoir su conserver un style réaliste tout en acquérant une certaine notoriété, bien que le public se soit davantage tourné vers les peintres abstraits vers la fin de sa carrière.

Solitude, calme, mélancolie ; quelques mots pour décrire l’œuvre d’un artiste qui n’a probablement jamais peint un sourire de sa vie. Et pourtant, l’émotion ne manque pas dans ses toiles. Là où Norman Rockwell, autre grand artiste « porte-parole » de la vie américaine, utilise des couleurs violentes, contrastées, pour mettre en scène des personnages véritablement vivants, Edward Hopper est plus dans la retenue, la réflexion plutôt que l’action.


Eleven a.m., 1926


Nombreux sont les personnages perdus dans leur pensée, regardant par la fenêtre, assis seuls à une table de café, ou tout autre lieux où ils peuvent réfléchir librement, sans crainte d’être interrompu. L’environnement entourant ces personnages est toujours en accord avec eux-mêmes ; jamais Hopper n’a cherché à mettre en relief l’aspect pensif des femmes et des hommes qui peuplent ses toiles par une quelconque animation. Ce qui compte, c’est l’ambiance général de calme et d’introspection.

Hopper, comme beaucoup d’artistes, a ses thèmes récurrents : il y a bien sûr la mélancolie de ses personnages désenchantés, mais aussi la frontière entre la nature et la civilisation. Nombreuses sont les toiles où les personnages observent la nature à travers la fenêtre, où la lumière du soleil offre un peu de vie à des pièces ternes et tristes ; et étrangement, là où ses paysages exclusivement ruraux paraissent simples, calmes et naturellement beaux, ses représentations urbaines dénotent surtout un malaise, un « spleen », que les personnages ressentent et cherchent à fuir en observant au loin ce qu‘il y avait avant le progrès.

(Cliquez pour la voir en plus grand)


Cape Cod Morning, 1950


Le tableau ci-dessus, par exemple ; grande épuration, caractéristique de l’œuvre de Hopper vers la fin de sa carrière, la civilisation étant séparée au centre de la nature par une ligne dominante et verticale. A gauche nous avons les lignes droites, artificielles, et nettes (murs, volets, etc.) et de l’autre, les arbres et l’herbe jaune, avec une touche rappelant finement l’impressionnisme, dont le vent, semble-t-il, les pousse vers la femme. Une dame élégante, bien coiffée et habillée, qui doit probablement s’occuper de son intérieur en tant que bonne Américaine. Et pourtant, le visage impassible, dans une posture qui laisse croire qu’elle s’est arrêtée dans son mouvement, elle observe en dehors. La lumière qui vient de droite, de l’extérieur, la met en valeur. Elle préfère observer la nature, dont le vent apporte un mouvement et sans doute un son léger et élégant, contrairement à son intérieur fabriqué.

Hopper est aussi un peintre de « l’American Way of Life », comme nous avons pu le voir avec le tableau précédent. Car les lieux choisis, malgré leur calme, ne sont pas anodins, comme les détails qui y figurent ; on y croise une enseigne publicitaire, une bouche de métro, une station de gare. Des éléments qui montrent le développement de la société américaine, l’évolution de la vie des classes moyennes ; la libération de la femme n’est pas non plus étrangère à Hopper, mais malgré ce sujet fondamentalement vivant, l’artiste garde toujours la même vision : un être seul et fragile.

L’Œuvre de Hopper peut sembler assez déprimante, et il est vrai que celle-ci n’offre guère peu de surprises et garde toujours les mêmes motivations. Mais l’émotion que l’on peut lire sur le visage de ses personnages malgré leur impassibilité, et ce toujours renouvelé au fil de ses tableaux, est bien présente et toujours de façon implicite. Tout comme ses personnages, Hopper laisse au spectateur la possibilité de réfléchir et offre une vision plus nuancée de l‘habituelle impétueuse vie américaine, des conséquences de son évolution et surtout de la beauté qu’il y a à contempler.





Posté par Cl0chette, le 24/07/2009 à 14h18

C'est bien écrit :O Oui un petit article peut-être ^^ Vive Hopper ouais!

Posté par Bibi, le 24/07/2009 à 13h48

Oui c'est moi ^^ c'est pas très dur quand on aime et s'intéresse ^^ tu nous feras bien un article sur un quelconque sujet un jour, hein ? =D et vive Hopper

Posté par Cl0chette, le 24/07/2009 à 00h58

J'adore le style de Hopper *.* J'ai pas lu tout l'article mais tenait à le dire quand même! (j'avais "emprunté" un bouquin sur lui au CDI mais sa disparation a été découverte et j'ai dû le rendre ;( ) Enfin, je lirais tout ça demain... c'est toi qui l'a écrit Bibi?


Pétula se réjouit !






M'inscrire Aide




Retour en Haut


Qui est en ligne ? (1)
© DreY & Ad Vitam 2009
Contact / Partenaires
20
10
12